Témoignage : Zoom sur la thyroïdite d’Hashimoto

Cette semaine, nous allons aborder un sujet “santé”, à la demande d’une de mes amies qui ne supporte plus de “souffrir en silence” et de ne pas être prise au sérieux par les médecins. Alors, qu’est-ce que ce mal dont les praticiens de santé ne semblent pas faire grand cas? Il s’agit de la maladie d’Hashimoto, maladie auto-immune affectant la glande thyroïde et touchant majoritairement les femmes. 

Connue depuis plus d’un siècle, et aussi appelée “thyroïdite d’Hashimoto”, cette maladie atteint environ un cinquième des gens souffrant de la thyroïde, avec une nette prépondérance de patientes féminines (de 8 pour 1 à 20 pour 1 en terme de ratio). Majoritairement déclarée chez des patients souffrant d’un manque d’iode, avec une incidence supplémentaire chez les personnes souffrant d’une anomalie génétique (syndromes de Turner, de Down et de Klinefelter, par exemple). Mais comment ce trouble se déclenche-t-il? Plusieurs hypothèses sont avancées : choc émotionnel, exposition à des radiations, mais aussi hérédité. La catastrophe de Tchernobyl a aussi été avancée, mais il est évident que cela ne peut être possible en France, le nuage s’étant arrêté à notre frontière ! 

Comme les problèmes volent souvent en escadrille, il arrive que la thyroïdite d’Hashimoto soit associée à la maladie coeliaque, du diabète, mais aussi au vitiligo et la polyarthrite rhumatoïde… Sarah, 28 ans, témoigne :” A la base, ma thyroïde fonctionnait bien. Mais elle s’est faite attaquer par des “auto-anticorps”, ce qui a créé une hypothyroïdie, avec pour conséquence un déséquilibre hormonal. C’est n’est pas opéré (sauf si nodules ou goître par exemple), je me retrouve donc avec un traitement hormonal à vie, dont le dosage peut varier. Certaines personnes trouvent le dosage adéquat rapidement, alors que d’autres galèrent des années… Du côté des symptômes, j’ai une fatigue quasiment constante, des douleurs aux articulations et du mal à rester à mon poids de forme… Comme c’est une maladie qui ne se voit pas, l’entourage est peu compréhensif, et on me dit souvent d’arrêter de tout mettre sur le dos de la thyroïde. D’un côté, je suis rassurée de savoir d’où mon état vient, car je finissais par penser que j’étais fainéante, bizarre…J’ai donc demandé à faire une prise de sang, car ma mère a des problèmes de thyroïde. A cette époque, j’avais une humeur en dents de scie, j’étais anormalement fatiguée… Et bingo ! Je crois, honnêtement, qu’on devrait plus souvent penser à un problème de thyroïde quand une personne est fatiguée tout le temps… En France, près d’une personne sur dix en souffre. Même si on traite encore uniquement le symptôme, et non la cause…”