Quand vient l’heure du premier enfant…

Que ce soit une surprise ou un projet de longue haleine, la première grossesse s’accompagne toujours de son lot de questionnements. On oscille entre le bonheur et la peur, l’excitation et les doutes et à mesure que le corps se transforme, la confusion s’installe… On fait le point ensemble pour vivre ces 9 mois en toute sérénité.

Un heureux événement s’annonce….

Être enceinte est un état très particulier que chaque femme appréhende à sa manière en fonction de son histoire et de son parcours de vie. Certaines sont épanouies et se réjouissent tant il a fallu en gravir des montagnes pour atteindre ce graal : les fausses couches sont en effet très communes puisqu’elles représentent une grossesse sur cinq et mettent àmal de nombreuses futures mères…sans parler des FIV et autres combats en tout genre. D’autres, plus chanceuses ne connaissent pas cette difficulté mais sont tout simplement prises de court. C’est ce qui m’est arrivée. Je suis tombée enceinte très vite, trop vite. Je n’étais pas dans le déni mais je ne m’y attendais pas et ça m’a fait tout drôle. 

Je me sentais seule parce que personne n’était encore concernée par les enfants dans mon entourage proche et je ne supportais pas voir les kilos grimper sur la balance. Je culpabilisais beaucoup car j’étais bien consciente que ça n’avait pas de sens de se ruiner le moral pour un état qui n’est somme toute que passager mais dans ma tête, ça ne suivait pas. Je n’aimais pas être enceinte, je trouvais ça trop contraignant tant d’un point de vue pratique que physiologique. Puis au delàdes désagréments du quotidien (nausées, brûlures d’estomac, jambes gonflées, contractions etc.), je me sentais vulnérable en permanence. On ne se rend pas compte àquel point les hormones nous jouent des tours et dictent nos humeurs dans ces moments là. 

De plus, dès le jour oùmon test de grossesse afficha un résultat positif, une confrontation entre ma vie présente, mon passéet mon futur s’est installée. Ça était une lutte de tous les instants, une lutte contre moi-même pour laisser la place àce bébéqui s’accrochait dur comme fer dans mon ventre. Pour enrayer la tragédie, je passais des journées entières àécumer l’application Grossesse + (que je conseille vivement pour son contenu de qualité détaillé jour après jour) et dès qu’une appréhension me traversait l’esprit, je faisais une échographie. J’ai dûen faire une par mois environ, ce qui est totalement inutile mais j’avais besoin d’être rassurée sur la santéde mon futur enfant mais aussi sur ma capacitéàdevenir mère. Je n’ai jamais passéautant de temps dans des laboratoires d’analyses médicales, je crois que j’ai fait tous les tests qui pouvaient exister sur cette terre…. parce que mine de rien, un premier enfant c’est un saut dans le vide, un ras de marée, un ascenseur émotionnel.

C’est tout bête mais vivre cette transformation physique et mentale pendant 9 mois permet d’avoir déjàun pied dans cette nouvelle vie qui se profile à l’horizon, de se faire à l’idée que tout va basculer. Certainement bien plus que pour les hommes qui sont de facto déconnectés de ce monde parallèle et se retrouvent du jour au lendemain père. C’est une grande aventure celle de devenir parents donc si j’aurais un conseil àdonner, ça serait de parler un maximum autour de soi, avec d’autres mères (la vôtre certes mais pas seulement car vous n’êtes pas de la même génération), d’autres femmes enceintes (les activités prénatales comme le yoga s’y prêtent particulièrement), votre sage-femme (personnellement, j’en ai eu 4 en tout entre la grossesse et la rééducation postnatale, toutes aussi géniales et disponibles les unes que les autres dans leurs spécificités) et surtout de vous faire confiance. L’instinct est plus fort que tout. Je partage souvent mon expérience parce qu’avec le recul, je me rends compte que si j’en faisais des tonnes enceinte c’est parce que j’étais sous le choc, j’étais face àl’inconnu et l’inconnu attire autant qu’il repousse. 

Le premier enfant, le bouleversement d’une vie.

En réalité, on a beau s’informer, se sur-informer, on ne peut pas savoir de quoi demain sera fait tant qu’on ne l’a pas vécu. Alors on évite les histoires tragiques de type bébés prématurés, morts nés etc. et on s’entoure d’ondes positives. A la fin de ma grossesse, je suis tombée sur l’ouvrage de Honorine Crosnier « La véritésur l’accouchement et…sur la suite »paru en 2018 aux éditions Marabout et j’en garde un très bon souvenir. Je l’ai lu d’une traite àun mois de mon terme (oui un peu tôt c’est vrai) et ça était une bouffée d’oxygène. Grâce à des textes décalés et dé-dramatisants à souhait, j’ai ri à n’en plus finir et j’ai oublié le temps d’une après-midi à quel point j’attendais avec impatience l’instant fatidique de la délivrance. 

Pauline Weber