Le freelance, vie rêvée?

Le statut de freelance est à la mode. Les success stories plus ou moins romancées fleurissent sur la Toile, et l’on se surprend à rêver de quitter son bureau morose et son terne train-train pour un peu plus de piment. Seulement voilà, mieux vaut éviter de rêver éveillé, sous peine d’un retour douloureux à la réalité. 

Savoir s’organiser, c’est la clef!

Valentine, 29 ans, cumule un emploi de salarié à temps partiel avec son activité de freelance infographiste. Elle livre un état des lieux sans concession de sa situation : “Je bosse trois jours sur cinq en agence, alors tu imagines bien que je travaille ausso le weekend, car sinon, je rencontre des problèmes de deadline. Et l’avantage de créer soi-même ses propres horaires se transforme rapidement, si l’on n’y prend pas garde, en inconvénient. Personnellement, je travaille parfois très tard le soir, j’oublie souvent de manger le midi… Et je suis un peu “désocialisée” depuis que je suis freelance : il faut être exigeant avec soi-même et se poser des limites, ce qui n’est pas simple. Beaucoup font le choix du coworking, j’ai essayé mais je ne pouvais pas faire des calls et des visio avec mes clients, je n’étais pas suffisamment à l’aise, en plus de ne pas apprécier le côté open space”. 

Cependant, certains jeunes freelances gèrent mieux l’aspect social de leur carrière. Prenons l’exemple de Pauline Weber, journaliste freelance depuis quatre ans dont la plume agile ravit régulièrement vos yeux (Muses). Après un début de carrière orienté vers le marketing de l’industrie du luxe et de la mode, la jeune femme a effectué un virage à 360° en devenant journaliste. Si elle confie avoir aimé écrire depuis sa plus tendre enfance, elle a accepté de travailler dur, parfois contre une faible rétribution, afin de se constituer un réseau et surtout un portfolio. Pauline met aussi en garde les adeptes de la liberté contre les risques des différents statuts, le choix d’une mutuelle et le poids des cotisations sociales qui peuvent grimper en flèche après quelques années. 

Choisir un espace de travail adapté peut être une vraie difficulté.

Si la journaliste se réjouit de sa liberté, elle souligne cependant qu’il faut accepter de travailler parfois à des heures indues, voire le weekend, ce qui est faisable lorsque l’on n’a pas d’enfants, mais compliqué lorsque l’on devient mère. Flouée sur ses droits d’auteur par le passé, elle insiste qu’il ne faut pas hésiter à demander à être payée en salaires aux grosses entreprises pour ne pas se “faire avoir”. Autre élément à prendre en compte : le lieu de travail. En étant freelance, à moins de louer des bureaux ou d’être adepte des espaces de coworking, il est probable que l’on choisisse de travailler de chez soi, notamment pour réduire les dépenses. Dans ce cas, comment établir une nette frontière entre vie privée et vie professionnelle? Pauline souligne qu’il faut être extrêmement vigilant à ce sujet, sous peine de voir sa vie privée réduite à peau de chagrin et transformée en une interminable journée de travail, ce qui n’est pas forcément une sinécure, même si l’on est passionnée. Pour conclure, la jeune femme ajoute : “En résumé, c’est super pour se lancer et gagner en expérience, surtout quand on est jeune, motivé et passionné. On peut travailler de n’importe où grâce au digital. C’est incroyable d’avoir cette liberté qui devient si précieuse de nos jours. A terme avec des enfants, le salariat reste plus sécurisant. “