Free the nipple : quand les réseaux sociaux soutiennent un mouvement féministe

Free the nipple : comment ça a commencé

L’Islande est un pays en avance sur son temps, en matière d’impôts, de comportement écolo, et …de libération du téton !

C’est là-bas qu’est né le mouvement « Free the Nipple » (littéralement en français : « libérez les tétons »), lancé par une jeune étudiante présidente de l’association The Feminist society. Proposant que le 26 mars devienne la journée “Free the nipple” dans son université, elle est rapidement insultée sur les réseaux sociaux où abondent les commentaires sexistes. Cette cyber intimidation aura l’effet inverse escompté, des milliers de jeunes femmes ont commencé à poster des photos d’elles torse nu pour la soutenir. Le hashtag #freethenipple devient viral en Islande et le mouvement gagne le pays.

Avant de conquérir le monde, des rues de NYC (où depuis le 7 juillet 1992 le droit de se promener seins nus en public a été reconnu au nom de l’égalité) aux réseaux sociaux, en passant par le docu-fiction de l’américaine Lina Esco.

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 Free the nipple : le message

Le mouvement “Free the nipple” découle d’un questionnement tout simple : alors que les hommes peuvent ôter tranquillement leur t-shirt dès lors que le soleil commence à pointer son nez, pourquoi les femmes ne peuvent-elles pas faire de même ? Le téton d’une femme est-il vraiment différent du téton d’un homme ? Pourquoi ceux des femmes sont aussi tabous ?

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Dans une interview accordée au magazine Style, Lina Esco explique les raisons qui l’ont poussée à réaliser un film à ce sujet :

« Il y a tellement de lois contre le corps des femmes et presque aucune contre le corps des hommes. Dans les années 1900, des milliers d’hommes ont été arrêtés pour être torse nu car ils refusaient de porter un maillot une pièce. Ce n’est qu’en 1936 que quatre hommes de Coney Island ont combattu la loi et ils ont réussi. Bien évidemment, le fait que le juge soit un homme a aidé. Les hommes ont aujourd’hui ce droit parce qu’ils se sont battus pour l’avoir.

Je pense que c’est différent pour les femmes parce que beaucoup d’argent se cache derrière l’aréole. Il y a un marché énorme qui joue sur la sexualisation du corps de la femme. Alors pourquoi vous souhaitez vous faire de l’argent sur mon décolleté, alors que lorsque je veux en faire ce que je veux, vous me condamnez ? »

#Free the nipple : la déferlante sur les réseaux sociaux

Le soutien de plusieurs personnalités a rendu le mouvement mondial grâce au hashtag #freethenipple, campagne incroyablement énergique pour dénoncer la censure de la part des réseaux sociaux. En effet, il est bien précisé que “tout contenu montrant la nudité ou à connotation sexuelle n’est pas autorisé“ sur Facebook ou Twitter par exemple.

Naomi Campbell

Naomi Campbell

Miley Cirus

Miley Cirus

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 Une anonyme

Le combat a été rallié par les femmes qui allaitent et se voyaient systématiquement retirer leurs photos d’elles en train d’allaiter. Aujourd’hui, stars, anonymes et montages dénoncent cette stigmatisation de l’allaitement sur les réseaux sociaux.
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Natalia Vodianova

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Doutzen Kroes

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Miranda Kerr

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Gisele Bündchen

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Une anonyme 

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Pocahontas

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 Belle

Mais les selfies de femmes posant nues ou femmes allaitantes ne sont pas les seules victimes de la pudeur puritaine de Facebook et d’Instagram. Les œuvres d’art ont également longtemps été dans la ligne de mire. Et si l’on parle souvent de L’origine du monde de Gustave Courbet fréquemment retiré sur des profils facebook, les tétons sur les réseaux sociaux ont aussi la vie dure. Résultat : des chefs-d’œuvre de la peinture ou de la photographie sont absents de ces réseaux sociaux pour la simple raison que des tétons féminins y sont visibles.

Un artiste suédois, Micol Hebron a trouvé la parade : Remplacer les extrémités des seins des femmes par des tétons masculins. Le Huffington Post américain s’est servi de la technique pour poster des tableaux de nus féminins. Nous, on adore l’initiative.

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Les demoiselles d’Avignon, Pablo Picasso

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Olympia, Edouard Manet

Free the nipple : Un mouvement qui a porté ses fruits … au moins sur Facebook

Facebook fait preuve de plus de souplesse au sujet de la nudité ces derniers mois. Les “œuvres d’art illustrant des personnages nus” sont aujourd’hui autorisées, d’après la rubrique “Encourager un comportement respectueux” du réseau social de Marck Zuckerberg. Sont aussi acceptées “les photos de femmes qui défendent activement l’allaitement ou qui montrent les cicatrices post-mastectomie de leur poitrine”, mais toujours pas “les images de poitrines féminines si elles montrent le mamelon”.

Free the nipple : Et vous ?

Vous sentez-vous proche de ce mouvement ? Devrait-on faire une différence entre téton masculin et téton féminin ? Mais surtout peut-on considérer que tout téton féminin, quel que soit le contexte et les circonstances est à censurer ?

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Molière n’a pas pris une ride quand il s’agit d’hypocrisie et de puritanisme lui qui écrivait dans Le Tartuffe « couvrez donc ce sein que je ne saurais voir »

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